Votre rendez vous luxe hebdomadaire.
Lundi 09 Février 2026
La semaine dernière, vous avez été 46 % à miser sur la formation pour résoudre la pénurie de talents dans les métiers d'art. Découvrez les résultats complets plus bas.
Début février, Hermès a officialisé l'implantation d'une nouvelle maroquinerie aux Andelys, dans l'Eure, sur la friche de l'ancienne verrerie Holophane, placée en liquidation judiciaire fin 2023 après l'arrêt de sa production et la suppression de plus de 200 postes. À terme, 260 artisans y exerceront, formés via l'École Hermès des savoir-faire de Louviers, avec un recrutement appuyé sur France Travail et le rectorat normand.
Une accélération industrielle à contre-courant. Depuis 2010, la Maison a ouvert neuf nouvelles maroquineries en France, portant son réseau à plus d'une vingtaine de sites de production. L'objectif : répondre à une tension structurelle où la demande excède l'offre. Les listes d'attente sur les sacs iconiques (Birkin, Kelly, Constance) reflètent une capacité volontairement limitée par le rythme humain, soit 15 à 20 heures de fabrication par sac. Là où la majorité des groupes de luxe sous-traitent en Italie, au Portugal ou en Europe de l'Est, Hermès ancre sa production dans des territoires ruraux français, souvent fragilisés. Les Andelys, c'est une ville de 8 000 habitants qui avait perdu plus de 200 emplois. La Normandie devient un véritable pôle maroquinier, avec Val-de-Reuil, Louviers, et bientôt Colombelles dans le Calvados.
Un modèle économique difficilement réplicable. L'équation Hermès est unique : des marges opérationnelles supérieures à 40 %, une intégration verticale quasi totale et l'absence de sous-traitance sur les produits stratégiques. Former ses propres artisans via son CFA est coûteux à court terme, mais c'est ce qui garantit la qualité, la fidélité et le pricing power. Quand Hermès augmente ses prix de 8 à 10 % par an, le marché suit, parce que le produit est irréprochable et la rareté réelle. La semaine dernière, 46 % de notre communauté estimait que la formation était le levier principal pour résoudre la pénurie dans les métiers d'art. Hermès en est l'illustration concrète : la Maison forme elle-même ses artisans via son CFA de Louviers, avec un taux d'insertion élevé, y compris pour des profils sans expérience préalable dans le cuir.
Ce qu'il faut retenir. Ce nouvel atelier est l'expression d'un modèle qui fait d'Hermès un cas à part dans l'industrie du luxe : investir dans les territoires, dans la main-d'œuvre et dans le temps long. À l'heure où la plupart des groupes cherchent à optimiser leurs coûts de production, Hermès choisit de les assumer, et d'en faire un avantage compétitif durable.
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