Votre rendez vous luxe hebdomadaire.
Lundi 22 Décembre 2025
Le 16 décembre, Kering a annoncé la vente de 60% de son immeuble de la 5ème Avenue à New York pour 900 millions de dollars. L'acquéreur ? Ardian, qui devient partenaire majoritaire via une joint-venture — une société créée en commun par deux acteurs pour gérer un actif ou un projet. Kering encaisse 690 millions de dollars nets et conserve 40% de l'actif.
Ce qui frappe, c'est le timing : l'immeuble avait été acheté en janvier 2024 pour 885 millions d'euros (Fashion Network). Le revendre partiellement deux ans plus tard, c'est un signal : Kering a besoin de cash.
La dette financière du groupe a atteint 9,5 milliards d'euros au premier semestre 2025 (Fashion Network), alimentée par des acquisitions coûteuses : Creed (3,5 milliards d'euros), 30% de Valentino, et plusieurs actifs immobiliers dont Milan pour 1,3 milliard d'euros.
En 2024, le bénéfice net de Kering a chuté de 62% à 1,13 milliard d'euros, et le chiffre d'affaires a plongé de 12% (Fashion Network). Gucci, qui représente près de la moitié des revenus, enchaîne les trimestres de baisse. En octobre 2025, Kering a déjà revendu sa division beauté à L'Oréal pour 4 milliards d'euros — une division créée il y a à peine deux ans.
Ces dernières années, les grands groupes de luxe ont multiplié les acquisitions immobilières pour sécuriser les emplacements les plus stratégiques au monde. Hermès a acheté sa boutique du 17 rue de Sèvres à Paris pour 300 millions d'euros en 2024 (Luxury Tribune). Chanel a investi 1,755 milliard de dollars en 2024, dont une part massive en immobilier (Option Finance).
Kering lui-même avait participé activement à cette course : 860 millions d'euros pour l'ex-ambassade du Canada au 35 avenue Montaigne, 640 millions pour le 12 rue de Castiglione, 1,3 milliard pour le 8 via Monte Napoleone à Milan (CFNEWS IMMO).
Acheter de l'immobilier, c'est sécuriser des emplacements uniques et contrôler son image. Mais vendre 60% d'un immeuble acheté deux ans plus tôt, c'est reconnaître qu'on a besoin de liquidités pour stabiliser le bilan.
Ce n'est pas la première fois que Kering utilise cette stratégie de sale-leaseback (un mécanisme qui consiste à vendre un bien immobilier pour récupérer du cash, tout en continuant à l'occuper en tant que locataire). Début 2024, le groupe avait déjà conclu un accord similaire avec Ardian sur un portefeuille d'actifs parisiens : l'hôtel de Nocé place Vendôme et deux immeubles avenue Montaigne.
Jean-Marc Duplaix, directeur des opérations de Kering, justifie l'opération comme un moyen de "sécuriser sur le long terme un emplacement retail de premier plan tout en renforçant notre flexibilité financière" (Fashion Network). Traduction : réduire la dette avant tout.
Kering fait un choix : investir dans la relance de Gucci plutôt que dans la pierre. Pour ça, il faut vendre.
...